Lorsque vous poussez la porte de l’atelier d’Alain Girelli, c’est tout un monde qui s’ouvre. Un monde de bois brûlé, de poussière d’encens, de gestes anciens répétés mille fois, avec la même attention.
La visite commence au cœur de l’atelier, parmi les troncs de cade calcinés. Alain vous montre la matière, vous en parle comme d’un compagnon fidèle. Il explique comment il choisit les morceaux tombés après les incendies, comment il les délarde, les sculpte, les marie à la couleur ou au bronze. Vous observez ses outils, son établi, son feu, les traces de ses mains sur le bois noirci.
Au fil de l’échange, il raconte. Le serment de 1975, son passage chez Max Ernst, ses performances mêlant sculpture et action. Il sort un carnet, un moulage, un éclat de souvenir. Rien n’est figé, tout est en mouvement, à l’image de sa pensée.
Le temps passe sans qu’on y prenne garde. En partant, Alain vous tend un sachet d’encens de cade. Un simple geste, presque un signe. Comme pour vous dire que la visite ne s’arrête pas là.
Alain, +50 années d'expérience
Sculpteur, peintre & performeur
Alain naît à Draguignan, dans une famille où le bois n’est pas un matériau mais une mémoire vivante. Ses ancêtres, ébénistes et charbonniers d’Ombrie, lui transmettent ce lien organique à la matière. Très tôt, il choisit la voie de la main. À 16 ans, il obtient un CAP de menuisier, puis entre chez un artisan local, à Seillans.
Mais la bascule a lieu en 1970. À peine âgé de vingt ans, Alain pousse la porte de l’atelier de Max Ernst. La rencontre est décisive. Il ne s’agira plus seulement d’assembler, mais de questionner la forme, de faire surgir du sens dans la matière. La sculpture devient pour lui un geste élargi, proche de la performance, du poème ou du rituel.
À partir de là, tout s’enchaîne. Il façonne des œuvres en bois de cade – ce genévrier du Sud qu’il ne prélève jamais vivant, mais qu’il recueille après les incendies. Il met au point un procédé décoratif pour le béton, expose dans l’espace public, travaille le bronze, peint, moule, découpe, s’élance.
Dans les années 70 et 80, ses œuvres croisent celles de Picasso, Miró, Masson, Dubuffet. Son nom entre dans le Bénézit.
Installé depuis toujours dans le Pays de Fayence, il vit au rythme des saisons, des cendres et des idées. Rien chez lui n’est figé : ni les formes, ni les certitudes. Il sculpte comme on interroge. Il peint comme on se souvient.
Le film tourné par Valentia en garde la trace :
https://youtu.be/sBwWjuDQ8MA
La maison d’Alain se devine à peine, nichée dans la garrigue entre les cistes et les chênes verts. Rien de tapageur. Une bâtisse de pierre claire, ouverte au vent, posée là comme un prolongement du paysage.
Le rez-de-chaussée abrite l’atelier. Une grande pièce, claire, habitée d’odeurs profondes : bois chauffé, résine, poussière de cade. Les troncs reposent là, en attente. Certains sont déjà entamés, d’autres encore bruts, carbonisés, immobiles.
À l’étage, les murs sont couverts de toiles, de carnets, de dessins, de sculptures. On y lit les étapes, les hésitations, les élans. C’est un lieu d’archives sensibles, où chaque papier garde trace d’un feu ancien.
Dehors, le jardin ne cherche pas à séduire. Il est sec, rugueux, solaire. C’est lui qui donne le rythme. C’est là qu’Alain s’arrête, souvent, pour écouter.
Un café posé sur la table, et la conversation peut commencer.
Politique d’annulation :
Annulation gratuite si plus de 48h avant le début l'expérience. Entre 48 et 24 heures avant, 50% du montant est dû. Moins de 24 heures avant, l'annulation n'est pas remboursable.
Caty
26/01/2025
On ne voit pas passer le temps avec Alain,tant sa vie d'artiste est dense, riche d'expériences,de rencontres et de partage avec de nombreux artistes, Des créations hors normes : bois de cade brut ou soyeux, pierres, formes, couleurs, esthétique, tout est magnifiquement surprenant !
Michel
26/01/2025
Alain, un artiste attachant et atypique, nous fait découvrir son univers et ses œuvres avec passion. une très belle rencontre.

